Les antalgiques, également appelés analgésiques, sont des médicaments destinés à diminuer ou à supprimer la douleur. Ils ne traitent pas nécessairement la cause de cette douleur, mais réduisent la sensation douloureuse ressentie par le patient. Les antipyrétiques sont des médicaments qui permettent de faire baisser la fièvre, c’est-à-dire une élévation anormale de la température corporelle. Certains médicaments, comme le paracétamol, possèdent à la fois une action antalgique et une action antipyrétique.
D’autres médicaments agissent également sur l’inflammation. L’inflammation est une réaction de défense de l’organisme provoquée par une agression, comme une blessure, une infection ou une maladie. Elle peut entraîner une douleur, une rougeur, une sensation de chaleur et un gonflement.
Le choix d’un médicament contre la douleur dépend de plusieurs éléments :
- l’intensité de la douleur ;
- la cause supposée de la douleur ;
- la durée de la douleur ;
- l’âge et le poids du patient ;
- ses antécédents médicaux ;
- les autres médicaments qu’il utilise ;
- les éventuelles contre-indications.
Une contre-indication est une situation dans laquelle un médicament ne doit pas être utilisé, car il pourrait être inefficace, dangereux ou aggraver l’état du patient.
Les différents niveaux d’antalgiques
Les antalgiques peuvent être classés selon leur puissance et selon l’intensité de la douleur qu’ils permettent de traiter.
- Le niveau 1 regroupe les médicaments utilisés contre les douleurs légères à modérées, comme le paracétamol et les anti-inflammatoires non stéroïdiens.
- Le niveau 2 comprend certains opioïdes utilisés contre les douleurs modérées à intenses, comme la codéine et le tramadol.
- Le niveau 3 comprend les opioïdes puissants utilisés contre les douleurs intenses, comme la morphine, l’oxycodone ou le fentanyl.
Un opioïde est une substance qui agit sur des structures particulières du système nerveux afin de diminuer la transmission et la perception de la douleur. Ce chapitre présente trois grandes catégories de médicaments :
- le paracétamol ;
- les anti-inflammatoires non stéroïdiens ;
- les morphiniques ou opioïdes.
1. Le paracétamol
Présentation générale
Le paracétamol est un médicament possédant des propriétés antalgiques et antipyrétiques. Il est généralement utilisé en première intention, c’est-à-dire comme premier traitement proposé, contre les douleurs légères à modérées et contre la fièvre. Le paracétamol est la DCI du médicament ( dénomination commune internationale). Il s’agit du nom officiel de la substance active, indépendamment de la marque sous laquelle le médicament est vendu. La substance active est le composant du médicament qui produit l’effet recherché dans l’organisme. Le paracétamol est notamment commercialisé sous les noms suivants :
- Doliprane® ;
- Dafalgan® ;
- Efferalgan®.
Un même médicament peut être vendu sous plusieurs noms commerciaux, mais contenir exactement la même substance active. Il est donc important de lire la composition des médicaments afin d’éviter de prendre plusieurs produits contenant du paracétamol.
Mécanisme d’action
Le paracétamol agit principalement au niveau du système nerveux central, constitué du cerveau et de la moelle épinière. Il diminue l’action de certaines substances participant à la transmission de la douleur et à la régulation de la température corporelle. Il réduit ainsi la sensation douloureuse et contribue à faire baisser la fièvre. Contrairement aux anti-inflammatoires, le paracétamol possède très peu d’action sur l’inflammation. Il peut donc soulager une douleur sans réduire de manière importante le gonflement ou la réaction inflammatoire qui l’accompagne.
Principales indications
Le paracétamol peut notamment être utilisé pour soulager :
- les céphalées, c’est-à-dire les maux de tête ;
- les douleurs dentaires ;
- les douleurs musculaires ;
- les douleurs articulaires légères ;
- les douleurs provoquées par les règles ;
- les douleurs liées à certaines infections ;
- les douleurs survenant après un traumatisme léger ;
- la fièvre chez l’enfant et chez l’adulte.
Le paracétamol est souvent privilégié lorsque seule une action contre la douleur ou la fièvre est nécessaire, sans besoin d’un effet anti-inflammatoire.
Posologie et règles d’utilisation
Chez l’adulte et l’adolescent pesant au moins 50 kilogrammes, la dose habituelle est généralement de 500 milligrammes à 1 gramme par prise. Les prises doivent être suffisamment espacées, généralement d’au moins quatre à six heures. La dose maximale habituelle sans avis médical est de 3 grammes par jour. Une dose plus élevée ne doit être utilisée que sur prescription ou après l’avis d’un professionnel de santé. Les doses doivent être adaptées chez certaines personnes :
- les personnes pesant moins de 50 kilogrammes ;
- les personnes âgées ou fragiles ;
- les personnes souffrant d’une maladie du foie ;
- les personnes souffrant d’une maladie grave des reins ;
- les personnes dénutries ;
- les personnes déshydratées ;
- les personnes consommant régulièrement de l’alcool.
Il faut toujours vérifier que les autres médicaments utilisés ne contiennent pas déjà du paracétamol. Certains produits contre le rhume, la grippe, les maux de tête ou les douleurs associent plusieurs substances actives.
Contre-indications et précautions
Le paracétamol ne doit pas être utilisé en cas :
- d’allergie connue au paracétamol ;
- d’insuffisance hépatique sévère.
Une insuffisance hépatique est une diminution importante du fonctionnement du foie. Le foie joue un rôle essentiel dans la transformation et l’élimination de nombreux médicaments. Une prudence particulière est nécessaire en cas de consommation régulière d’alcool ou de prise prolongée de fortes doses, car ces situations peuvent augmenter le risque d’atteinte du foie.
Effets indésirables
Le paracétamol est généralement bien toléré lorsqu’il est utilisé aux doses recommandées. Des effets indésirables peuvent néanmoins survenir :
- une réaction allergique ;
- une rougeur ou une éruption cutanée ;
- une diminution très rare de certaines cellules du sang ;
- une atteinte du foie en cas de dose excessive.
Le risque de surdosage
Le principal danger du paracétamol est sa toxicité hépatique, c’est-à-dire sa capacité à endommager le foie lorsqu’il est pris en trop grande quantité. Un surdosage peut provoquer une destruction importante des cellules du foie. Cette atteinte peut évoluer vers une insuffisance hépatique aiguë, un coma et parfois le décès. Les premiers symptômes peuvent être peu visibles :
- des nausées ;
- des vomissements ;
- une perte d’appétit ;
- une pâleur ;
- une fatigue ;
- des douleurs abdominales.
- L’absence de symptômes immédiats ne signifie pas qu’il n’existe aucun danger. En cas de surdosage réel ou supposé, il faut contacter immédiatement un centre antipoison ou un service d’urgence. L’antidote du paracétamol est la N-acétylcystéine. La N-acétylcystéine protège le foie et est d’autant plus efficace qu’elle est administrée rapidement.
2. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens
Présentation générale
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens, ( AINS ), sont des médicaments qui diminuent l’inflammation sans appartenir à la famille des corticoïdes. Les corticoïdes sont des médicaments anti-inflammatoires dont la structure et les effets sont proches de ceux de certaines hormones produites naturellement par les glandes surrénales.
Les AINS possèdent généralement trois propriétés :
- une action antalgique contre la douleur ;
- une action antipyrétique contre la fièvre ;
- une action anti-inflammatoire contre l’inflammation.
Ils sont particulièrement utiles lorsque la douleur est liée à une réaction inflammatoire.
Principaux médicaments
Parmi les AINS les plus connus figurent :
- l’ibuprofène, commercialisé notamment sous les noms Advil® ou Nurofen® ;
- le kétoprofène, commercialisé notamment sous le nom Profénid® ;
- le diclofénac, commercialisé notamment sous le nom Voltarène® ;
- le naproxène ;
- l’indométacine ;
- l’aspirine.
L’aspirine appartient à la famille des AINS, mais ses effets varient selon la dose utilisée. À faible dose, elle est principalement employée pour limiter la formation de certains caillots sanguins.
Mécanisme d’action
Les AINS bloquent des enzymes appelées cyclo-oxygénases, abrégées COX. Une enzyme est une substance produite par l’organisme qui facilite une réaction chimique.
Les cyclo-oxygénases participent à la fabrication des prostaglandines ( substances produites par l’organisme qui interviennent notamment dans la douleur, la fièvre et l’inflammation ). En diminuant leur production, les AINS réduisent la douleur, la fièvre et la réaction inflammatoire. Cependant, certaines prostaglandines jouent également un rôle protecteur. Elles participent à la protection de l’estomac, au maintien de la circulation sanguine dans les reins et au fonctionnement des plaquettes sanguines. La diminution de ces prostaglandines explique une grande partie des effets indésirables des AINS.
Principales indications
Les AINS peuvent notamment être utilisés dans les situations suivantes :
- les douleurs musculaires ;
- les entorses et les traumatismes ;
- les douleurs articulaires ;
- les poussées douloureuses d’arthrose ;
- certains rhumatismes inflammatoires ;
- les lombalgies, c’est-à-dire les douleurs du bas du dos ;
- les douleurs dentaires ;
- les règles douloureuses ;
- certaines coliques néphrétiques.
En cas d’infection, les AINS doivent être utilisés avec prudence. Ils peuvent masquer certains symptômes, retarder le diagnostic ou favoriser l’aggravation de certaines infections. Lorsqu’une infection est suspectée, le paracétamol est généralement privilégié contre la douleur ou la fièvre.
Contre-indications
Les AINS ne doivent pas être utilisés, sauf indication médicale particulière, dans certaines situations :
- allergie connue à un AINS ou à l’aspirine ;
- ulcère de l’estomac ou du duodénum en évolution ;
- antécédent d’hémorragie digestive provoquée par un AINS ;
- insuffisance rénale sévère ;
- insuffisance hépatique sévère ;
- insuffisance cardiaque sévère ;
- grossesse à partir du début du sixième mois ;
- crise d’asthme précédemment déclenchée par un AINS.
Effets indésirables digestifs
Les AINS peuvent diminuer la protection naturelle de la muqueuse digestive. Ils peuvent provoquer :
- des brûlures ou des douleurs d’estomac ;
- une gastrite ;
- un ulcère ;
- une hémorragie digestive ;
- une perforation de l’estomac ou de l’intestin.
Effets indésirables rénaux
Les reins filtrent le sang et éliminent une partie des déchets de l’organisme dans les urines. Les AINS peuvent diminuer la circulation sanguine dans les reins et provoquer une insuffisance rénale aiguë.
Le risque est plus important chez :
- les personnes âgées ;
- les personnes déshydratées ;
- les personnes souffrant déjà d’une maladie rénale ;
- les personnes atteintes d’insuffisance cardiaque ;
- les personnes prenant certains médicaments contre l’hypertension.
Effets cardiovasculaires
Certains AINS peuvent augmenter le risque :
- d’élévation de la pression artérielle ;
- de rétention d’eau et de sel ;
- d’aggravation d’une insuffisance cardiaque ;
- d’infarctus du myocarde ;
- d’accident vasculaire cérébral.
Réactions allergiques
Les AINS peuvent provoquer :
- une éruption cutanée ;
- une urticaire ;
- une crise d’asthme ;
- un œdème de Quincke ;
- plus rarement, un choc anaphylactique.
Interactions médicamenteuses
Une interaction médicamenteuse se produit lorsqu’un médicament modifie l’action ou les risques d’un autre médicament. Les AINS peuvent notamment interagir avec :
- les anticoagulants ;
- les antiagrégants plaquettaires ;
- les corticoïdes ;
- certains antidépresseurs ;
- les diurétiques ;
- certains antihypertenseurs.
Cette association augmente le risque d’effets indésirables sans apporter un bénéfice suffisant contre la douleur.
Règles de bon usage
Pour limiter les risques liés aux AINS, il convient :
- d’utiliser la dose efficace la plus faible ;
- de limiter la durée du traitement ;
- de ne jamais associer deux AINS ;
- de respecter les contre-indications ;
- d’éviter une automédication prolongée ;
- de rester correctement hydraté ;
- de demander conseil en cas de traitement anticoagulant, cardiaque ou rénal ;
- d’arrêter le traitement et de consulter en cas de saignement digestif, de réaction allergique ou de diminution importante des urines.
Points clés sur les AINS
- Le sigle AINS signifie anti-inflammatoires non stéroïdiens.
- Ils agissent contre la douleur, la fièvre et l’inflammation.
- Ils diminuent la production des prostaglandines.
- Ils peuvent provoquer des complications digestives, rénales, cardiovasculaires ou allergiques.
- Ils doivent être utilisés à la dose la plus faible et pendant la durée la plus courte possible.
- Deux AINS ne doivent jamais être associés.
3. Les morphiniques ou opioïdes
Présentation générale
Les morphiniques, également appelés opioïdes, sont des antalgiques puissants. Ils sont utilisés contre les douleurs modérées à très intenses lorsque les autres traitements sont insuffisants ou inadaptés. Parmi les principaux opioïdes figurent :
- la codéine ;
- le tramadol ;
- la morphine ;
- l’oxycodone ;
- le fentanyl ;
- l’hydromorphone ;
- la buprénorphine ;
- le sufentanil.
La codéine et le tramadol sont généralement utilisés contre des douleurs modérées à intenses. La morphine, l’oxycodone et le fentanyl sont des opioïdes plus puissants, employés contre des douleurs intenses.
Mécanisme d’action
Les opioïdes se fixent sur des récepteurs opioïdes. Ces récepteurs sont présents notamment dans le cerveau, la moelle épinière, les nerfs et le tube digestif. En se fixant sur eux, les opioïdes diminuent la transmission du message douloureux et modifient la manière dont le cerveau perçoit la douleur. Ils ne suppriment pas nécessairement la cause de la douleur, mais peuvent en réduire fortement l’intensité et le caractère pénible.
Principales indications
Les opioïdes peuvent être utilisés pour traiter :
- les douleurs suivant une opération ;
- les douleurs liées à un cancer ;
- les douleurs provoquées par un traumatisme grave ;
- les douleurs liées à des brûlures étendues ;
- certaines douleurs aiguës très intenses ;
- certaines douleurs chroniques sévères ;
- les douleurs prises en charge dans le cadre des soins palliatifs.
Contre-indications et précautions
Les opioïdes sont contre-indiqués ou doivent être utilisés avec une grande prudence dans certaines situations :
- une dépression respiratoire ;
- une insuffisance respiratoire sévère non contrôlée ;
- une allergie au médicament ;
- une perte de connaissance inexpliquée ;
- une insuffisance rénale ou hépatique ;
- un âge avancé ;
- l’association avec de l’alcool ou d’autres médicaments sédatifs.
L’association d’un opioïde avec de l’alcool, des somnifères, certains anxiolytiques ou d’autres sédatifs augmente le risque de somnolence profonde, de coma et d’arrêt respiratoire.
Effets indésirables
Les principaux effets indésirables des opioïdes sont :
- la somnolence ;
- les nausées et les vomissements ;
- la constipation ;
- les démangeaisons ;
- la sécheresse de la bouche ;
- la rétention urinaire ;
- la confusion, notamment chez les personnes âgées ;
- la dépression respiratoire.
Tolérance, dépendance et addiction
L’utilisation prolongée d’un opioïde peut entraîner une tolérance. Elle peut également provoquer une dépendance physique. L’organisme s’habitue alors à la présence du médicament et un arrêt brutal peut entraîner un syndrome de sevrage. Il peut entraîner :
- une agitation ;
- une anxiété ;
- des sueurs ;
- des douleurs musculaires ;
- des nausées ;
- une diarrhée ;
- une insomnie.
Un traitement opioïde prolongé ne doit généralement pas être arrêté brutalement. Les doses sont diminuées progressivement sous contrôle médical.
Surdosage en opioïdes
Le surdosage en opioïdes est une urgence vitale. Les principaux signes sont :
- une somnolence profonde ou une perte de connaissance ;
- une respiration très lente, irrégulière ou absente ;
- des pupilles très serrées ;
- une peau pâle, froide ou bleutée ;
- une impossibilité de réveiller la personne.
L’antidote des opioïdes est la naloxone. Elle se fixe sur les récepteurs opioïdes et bloque temporairement les effets des opioïdes, notamment la dépression respiratoire. L’action de la naloxone peut être plus courte que celle de l’opioïde responsable. Il est donc indispensable d’appeler immédiatement les secours, même si la personne reprend connaissance après son administration.
Surveillance d’un traitement opioïde
Lors d’un traitement par opioïde, il convient notamment de surveiller :
- l’intensité de la douleur ;
- le niveau de conscience ;
- la fréquence respiratoire ;
- la présence de nausées ou de vomissements ;
- le transit intestinal ;
- la capacité à uriner ;
- l’apparition d’une confusion ou d’une somnolence excessive ;
- les signes de mésusage ou de dépendance.
Le mésusage est une utilisation qui ne respecte pas les conditions prévues, par exemple des doses excessives, des prises trop fréquentes ou une utilisation dans un autre but que le traitement de la douleur.
Points clés sur les opioïdes
- Les opioïdes sont des antalgiques puissants.
- Ils agissent sur des récepteurs présents dans le système nerveux.
- Ils peuvent provoquer une somnolence, une constipation et des nausées.
- Leur complication la plus grave est la dépression respiratoire.
- Un traitement prolongé peut provoquer une tolérance et une dépendance physique.
- La dépendance physique ne doit pas être confondue avec l’addiction.
- La naloxone est l’antidote utilisé en cas de surdosage.
À retenir
Les antalgiques sont des médicaments destinés à soulager la douleur. Certains possèdent également une action antipyrétique ou anti-inflammatoire.
Le paracétamol est généralement utilisé en première intention contre les douleurs légères à modérées et contre la fièvre. Il est bien toléré aux doses recommandées, mais un surdosage peut provoquer une atteinte très grave du foie.
Les AINS agissent contre la douleur, la fièvre et l’inflammation. Ils peuvent toutefois provoquer des complications digestives, rénales, cardiovasculaires ou allergiques. Ils doivent être utilisés à la dose efficace la plus faible et pendant la durée la plus courte possible.
Les opioïdes sont utilisés contre les douleurs modérées à très intenses. Ils sont très efficaces, mais nécessitent une surveillance attentive en raison des risques de somnolence, de constipation, de dépendance et surtout de dépression respiratoire. Le choix d’un antalgique doit tenir compte de l’intensité et de la cause de la douleur, mais aussi de l’état général du patient, de ses maladies, de ses autres traitements et des contre-indications propres à chaque médicament.
Le contenu médical s’appuie notamment sur les recommandations françaises relatives au bon usage du paracétamol, des AINS et des opioïdes. ([Ameli]) https://www.ameli.fr/assure/sante/medicaments/utiliser-recycler-medicaments/utiliser-antalgiques?utm_source=chatgpt.com "Bien utiliser les médicaments antalgiques contre la douleur"